

Tôt matin, les plus grands chefs de la ville viennent y chercher la
qualité et la fraicheur, avant que n'arrivent touristes, curieux et
ménagères. Dans ce royaume de couleurs et de saveurs, tous les
sens sont en éveil. Les étals colorés de fruits, d'agrumes et de
légumes, les pyramides d'épices, les guirlandes de piments, d'ail
et de ñora (petits poivrons séchés) côtoient les boucheries et les
charcuteries dont l'assortiment parait infi ni: jambons de toutes
variétés et de tous âges, qu'on peut gouter avant d'acheter,
chorizo, sobresada, saucissons, morcillas (boudins).
Le marché aux poissons est probablement un des plus riches qui
se puisse imaginer: le nombre d'espèces y est impressionnant.
Il faut dire que les Espagnols sont les seconds consommateurs
de poisson au monde.
Les crustacés ne sont pas en reste: ça remue ferme du côté
des crabes, des langoustes et des langoustines, qui aimeraient
pouvoir s'échapper de la mêlée.
Et, que dire des fromages?
Les brebis, les chèvres, et d'autres à base de lait de vache,
viennent démontrer que l'Espagne n'est pas en reste dans ce
domaine et qu'il n'y a pas que du manchego. Au total, plus de
trois cents stands dans onze allées, toujours peuplées, font de
La Boqueria* un endroit extrêmement vivant.
En automne, quand les champignons sauvages apportent leur
touche ambrée et que la fraicheur fait place aux chaudes journées
d'été, La Boqueria prend un visage encore différent.
Ici et là, les bars, dont le Mendizabal (en hommage à l'homme qui
imposa cet urbanisme moderne et rationnel à la ville), proposent
une pause agrémentée d'un "café solo" ou cortado (avec une
goutte de lait), quand ce n'est pas un boccadillo (un sandwich
garni) ou un pa amb tomàquet (pain grillé frotté à la tomate, avec
un filet d'huile d'olive).
*Attention: La Boqueria est fermée le dimanche.