Delhaize

Un jour à Athènes
Kali Orexi! Bon appétit!
Des olives, toujours
Feta, le fromage préféré des Grecs
Recettes

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Par Patricia Raes et Lucie Genot

La nuit est tombée sur Athènes, mais le bruit de la ville est toujours aussi intense. La place Omonia, comme toutes les rues du centre ville d'ailleurs, semble encore plus embouteillée que durant la journée. Dans les maisons et les appartements, les jeunes gens s'apprêtent à retrouver leur pareas (bande d'amis) pour aller diner dans une taverna avant de sortir en discothèque ou, pour les plus argentés, dans un bouzouki.(*) Il est vingt-trois heures. Les théâtres et autres salles de spectacles sont pleins. La nuit ne fait que commencer. Elle ne s'achèvera qu'à l'aube pour un bref temps de repos, lorsque les voitures et les motos pétaradantes auront, elles aussi, été mises de côté.

La sortie du nouvel aéroport Venizelos à Spata, c'est la découverte de la nouvelle autoroute à péage, qui mène avec une facilité inespérée au centre d'Athènes. Etonnamment, l'arrivée vers cette ville dont on ne nous montre en général que les beautés (l'Acropole, le Parthénon, le théâtre Dionissou, la colline de Lycabette ou la place Syntagma) nous confronte en banlieue à une succession d'immeubles sans grâce de cinq ou six étages, parfois inachevés, dont les balcons en ciment arborent encore souvent des barres en fer. C'est qu'ici, comme partout en Grèce, il a fallu construire à bon marché pendant les années de pénurie d'après-guerre. Pas toujours avec bonheur ! La tradition voulait que la fille qui se marie apporte en dot l'appartement du couple. Les parents ajoutaient alors un étage à leur maison, qui semblait ainsi ne jamais être terminée. Cette tradition est toujours très vivante. La législation fiscale n'arrange pas les choses, précisant qu'aucune taxe ne peut être exigée à un propriétaire tant qu'un bâtiment n'a pas été parachevé et que des fers à béton dépassent.

Au cour de la ville, où que le regard se pose, tout n'est que beauté et lumière

Fort heureusement, il reste à Athènes de belles - même de très belles ! - demeures du XIXe s., des maisons néoclassiques qui, depuis une vingtaine d'années, sont protégées par de nouveaux règlements. A Plaka notamment, quartier bien connu des touristes pour son bazar mi-oriental mi-occidental autour de Monastiraki, et qui aujourd'hui, après d'importants investissements, s'est en partie transformé en un des quartiers résidentiels les plus prisés des Athéniens. De nombreux piétonniers sont venus ponctuer le centre ville et c'est un réel bonheur que de s'y promener, faire du lèche-vitrine ou s'asseoir à l'une des terrasses des multiples kafeneions ou taverna pour y siroter le sempiternel "café glacé", ce verre de Nescafé allongé de 10 cl d'eau et mixé jusqu'à devenir bien mousseux.

Pairs ou impairs

Pour parer aux embouteillages, une loi réglemente la circulation au centre ville. Les jours pairs de la semaine, seules les voitures dont la plaque d'immatriculation se termine par un chiffre pair peuvent rouler. les jours impairs, elles cèdent la place à celles arborant une plaque se terminant par un chiffre impair. Mais les Athéniens ont plus d'un tour dans leur sac : la plupart d'entre eux possèdent deux voitures et. deux plaques.

Des femmes coquettes.

Sur les pentes du Lycabette, l'élégant quartier de Kolonaki, un des plus anciens quartiers chics d'Athènes, n'a absolument rien à envier à Milan ou Paris. Au contraire ! Les Athéniennes sont sans doute les femmes les plus coquettes au monde. Elles arrivent à dépenser des sommes considérables pour leur beauté. Ici, qui ouvre un salon de coiffure s'assure de beaux jours, pour autant qu'il soigne les femmes comme elles l'entendent. Les grandes maisons proposent à leurs clientes de troquer leurs vêtements de ville contre un peignoir en coton afin qu'ils ne soient pas froissés le temps d'une coupe ou d'un shampooing. Les salons d'esthétique ne sont pas en reste. Et que dire des boutiques de vêtements et de chaussures aux marques italiennes et françaises, des bijouteries, des accessoires de luxe. Mais où donc est passée la crise ? plus loin, c'est certain !

. et des enfants sacrés

Dans toutes les familles, les enfants sont de petits dieux, élevés avec amour. Ils reçoivent en outre, dans la mesure des possibilités financières de leurs parents, la meilleure éducation, souvent dans des écoles privées. Pour mieux les préparer à l'université ou à de grandes écoles, de nombreux parents investissent également dans des cours du soir payants. Pas question pour les jeunes de travailler à l'extérieur ou de "kotter". Les études sont prioritaires et les étudiants restent en général vivre à la maison. Les jeunes diplômés grecs sont d'ailleurs souvent fort appréciés dans les entreprises nationales et internationales. L'esprit de famille est particulièrement fort. Les jeunes mariés restaient généralement vivre avec les parents de la fille. Depuis peu, les jeunes couples cherchent à préserver leur intimité, mais il n'est pas rare de les rencontrer régulièrement chez papa et maman, où papou et yaya (grand-père et grand-mère) aiment gâter leurs petits-enfants.

 

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