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Une richesse en proteïnes
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Par Patricia Raes, Lucie Genot et Nicolas Guggenbühl.

Les poissons ont tous en commun une richesse en protéines (ils en contiennent autant que la viande), en fer et en sélénium. Les poissons de mer sont en outre une précieuse source d'iode, un oligoélément dont le manque est fréquent dans notre pays. Mais certains poissons, pas forcément les plus chers, présentent un intérêt nutritionnel supplémentaire : ils sont gras. Et pour une fois, c'est une bonne nouvelle !

En effet, contrairement à la graisse des animaux terrestres, celle des poissons est pauvre en acides gras saturés et riche en acides gras polyinsaturés. Ce profil, qui caractérise aussi les huiles végétales, est bien connu pour son influence favorable sur le taux sanguin de bon cholestérol. Mais dans les poissons, les acides gras polyinsaturés sont d'une tout autre nature que dans les végétaux : il s'agit d'oméga-3 hautement polyinsaturés, en particulier l'EPA et le DHA. C'est à eux que l'on attribue le faible taux d'infarctus parmi les populations qui consomment beaucoup de poisson, comme les Inuit du Groenland ou les Japonais. Enfin, si l'effet protecteur de ces acides gras sur le cour et les vaisseaux est bien démontré, leur impact sur le système nerveux et le comportement humain retient désormais l'attention. "Le poisson rend intelligent", dit l'adage.

C'est certes un peu court pour notre science basée sur les preuves, mais force est de constater que les oméga-3 des poissons gras et mi-gras sont au cour des recherches sur le système nerveux et le cerveau. Le DHA (à ne pas confondre avec DHEA !) est à l'aube de la vie : il est très présent dans le placenta , se retrouve en concentrations particulièrement élevées dans le cerveau et joue un rôle clé dans la maturation cérébrale. Certains spécialistes du cerveau estiment que c'est à lui que l'homme et le dauphin doivent leur supériorité intellectuelle par rapport aux autres animaux, notamment les grands carnivores terrestres. Précisons que certaines études ont même montré que l'apport en DHA pendant la grossesse pouvait influencer le quotient intellectuel.

Poisson et baby blues

Les indices en faveur d'un rôle des oméga-3 du poisson dans le bon fonctionnement des nerfs se multiplient. Ainsi, sur base des données émanant de plusieurs pays se dégage une relation entre une faible consommation de poisson et de fruits de mer et une mortalité par homicide élevée. Une étude menée auprès de plus de quatorze-mille femmes révèle en outre que plus l'apport en oméga-3 d'origine marine pendant la grossesse est élevé, plus le risque de dépression après l'accouchement, communément appelé baby blues, est bas. Cela ne signifie pas pour autant qu'il faille se gaver de poisson pendant la grossesse : à raison de deux fois par semaine, en alternant le type de poisson consommé, il offre un équilibre judicieux.

Hyperactivité et dyslexie

Les troubles du développement et de l'apprentissage telles l'hyperactivité et la dyslexie sont aussi dans le giron des oméga-3 du poisson. Chez les enfants de trois ans et demi, les problèmes de comportement sont plus fréquents lorsque la maman n'a pas mangé de poisson pendant sa grossesse. Par ailleurs, la déficience en EPA et DHA semble plus répétée chez les enfants hyperactifs et/ou dyslexiques. Plusieurs essais récents ont rapporté que chez ces enfants, la prise d'un supplément d'EPA donnait lieu à une diminution des symptômes.

Piste marine contre la démence

dégradations survenant à l'âge adulte. C'est le cas de la maladie d'Alzheimer, la forme de démence la plus courante, qui reste encore largement inexpliquée. Récemment, une étude effectuée à Chicago a montré que les personnes qui mangent du poisson au moins une fois par semaine risquent moins de développer cette affection que les petits mangeurs de poisson. Les chercheurs ont montré que cette diminution (de l'ordre de soixante pour cent) du risque était directement en rapport avec l'apport en DHA.
Le poisson ne peut toutefois pas prétendre être le seul garant de la santé de nos neurones. Il existe bien d'autre facteurs, connus et inconnus, susceptibles d'intervenir. Toutefois, la consommation régulière de poisson gras, dans le cadre d'une alimentation équilibrée, apparait comme une habitude particulièrement bénéfique pour le développement et l'entretien de ce "capital nerveux".

 

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