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Par Patricia Raes et Lucie Genot
"La volaille est pour la cuisine ce
qu’est la toile pour les peintres… on nous la sert bouillie,
rôtie, frite, chaude ou froide, entière ou par parties,
avec ou sans sauce, désossée, écorchée,
farcie, et toujours avec un égal succès."
(Jean Anthelme Brillat-Savarin, célèbre
gastronome)

Le terme volaille regroupe l’ensemble des
oiseaux élevés pour leur chair ou leurs œufs,
ou pour les deux à la fois. La plus connue est le poulet,
mais on trouve également, dans cette famille, la poule, le
canard, l’oie, le pigeon, le coquelet, le poussin, la dinde,
la pintade, la caille. Aussi étrange que cela puisse paraître,
le lapin domestique est considéré comme une volaille
par la législation. De tout temps, la volaille a trôné
sur les tables des plus riches et dans les pot-au-feu des plus pauvres.
Selon sa race, sa qualité et son mode d’élevage,
elle était la pièce principale d’un repas de
princes ou, mélangée aux pommes de terre et aux légumes
de la région, elle offrait sa viande maigre aux préparations
locales.
Si le poulet se vend actuellement tout au long de l’année,
la période des fêtes de fin d’année voit
éclater le règne de toutes les volailles, principalement
la dinde et le chapon, l’oie et le canard, ainsi qu’un
bel assortiment de petites volailles farcies.
Le poulet à toutes les
sauces
Bien choisir son poulet
Le coucou de Malines
Le chapon, une volaille de fêtes!
Le canard, symbole de fertilité
Les petites volailles : poussins, coquelets, pigeonneaux
"Poulets" : un cahier des charges exigeant
Gibier sauvage, gibier d’élevage
Origine, âge, traçabilité…
Le poulet à toutes
les sauces
Si nos souvenirs d’enfance sont imprégnés
du sacro-saint poulet du dimanche midi, il faut savoir que l’on
retrouve déjà des traces de son ancêtre domestiqué
- le mégapode roux – deux mille cinq cents ans avant
notre ère dans la vallée de l’Indus. Rien d’étonnant,
la poule, d’abord prisée pour ses œufs, est d’un
élevage facile et se prête à une multitude de
préparations, se mariant à merveille avec les sauces
et les légumes les plus variés. Chaque région
du monde l’accommode pour en faire un plat gastronomique à
la hauteur de sa réputation. Le poulet "tandoori"
indien (poulet rôti au yaourt et épices fortes), la
"cacciatora" italienne (sauté de poulet aux tomates,
champignons et vin rouge), le "toriniku no tatsuta-age"
japonais (morceaux de poulets marinés au gingembre, sauce
soja et alcool de riz, avant d’être grillés),
le poulet circassien typique du Moyen-Orient (à base de noix
pilées), le "coq au vin" français, le "cari"
oriental (préparé à base d’un mélange
d’épices variant selon les régions), le "jambalaya"
de la Nouvelle-Orléans (sorte de paella au poulet), le "poulet
créole", l’"ajiaco" colombien (potage
de poulet cuit avec du maïs, des pommes de terre, des avocats
et relevé d’épices) et, bien sûr, le "waterzooi"
à la gantoise…
Bien choisir son poulet
Difficile, parfois, de s’y retrouver dans
la gamme des poulets. Et pourtant, chacun possède ses caractéristiques,
ses saveurs et ses modes de préparation. La saveur et la
tendreté de la chair dépendront de différents
facteurs conjoints : La race, l’âge à l’abattage
et l’alimentation. A côté des poulets blancs
standards à croissance rapide, au prix très abordable,
mais au goût peu différencié, intéressons-nous
plutôt aux spécialités et aux mises d’origine.
Ces poulets sont élevés avec une nourriture à
base de grains ou de maïs, ce qui rend leur chair plus savoureuse.
Mais ce sont surtout les poulets à croissance lente qui retiendront
l’attention des gastronomes. Du coucou de Malines, fleuron
de nos élevages belges, aux poulets biologiques élevés
en plein air selon les normes strictes (voir reportage page 22),
en passant par les belles familles de volailles françaises
au Label Rouge : le St Sever, poulet fermier des Landes élevé
en liberté, et le poulet de Bresse au plumage blanc, pattes
bleues et crête rouge, d’Appellation d’Origine
Contrôlée, élevé en liberté durant
neuf semaines dans les belles fermes de la Bresse sur la rive orientale
du Rhône.
Le coucou de Malines
Le coucou de Malines est particulièrement
apprécié des gastronomes belges pour la qualité
de sa chair et sa saveur exceptionnelle. Oublié après
la Seconde Guerre mondiale, il a fallu toute la ténacité
de quelques éleveurs et des responsables de Delhaize "Le
Lion" pour reconstituer une lignée de race pure. Les
nouveaux élevages de coucous exigent beaucoup d’espace,
des soins, du temps et une alimentation particulière, riche
en céréales (froment, orge, millet) pour amener les
bêtes à l’âge adulte. Alors qu’un
simple poulet blanc est prêt à la consommation en 50
jours, il faut au moins 63 jours, soit neuf semaines, pour obtenir
un coucou. Depuis bientôt dix ans, le coucou de Malines trône
à nouveau sur les meilleures tables du pays. Sa saveur toute
particulière est due au fait que l’épais duvet
qui le protège du froid l’exempte de fabriquer une
couche de graisse sous la peau. Par contre, c’est en fines
infiltrations, dans la chair blanche du coucou, que cette graisse
est présente, fournissant ainsi une chair juteuse et tendre.
Le chapon, une volaille
de fêtes!
Le chapon, volaille de fêtes par excellence,
est en fait un coq châtré. Son origine remonte à
la Grèce et à la Rome antiques. Une loi romaine interdisait
la consommation des poules engraissées. En châtrant
les coqs par une simple opération chirurgicale, les éleveurs
romains détournèrent non seulement la loi, mais produisirent
une volaille deux fois plus grosse qu’un poulet ordinaire
et aussi succulente qu’un jeune. Durant les fêtes, on
voit le chapon prendre de plus en plus le pas sur la traditionnelle
dinde. Sa chair est persillée et fine, plus moelleuse et
plus parfumée. C’est qu’avant d’être
consommé - à 23 semaines! - le futur chapon s’est
régalé de la meilleure nourriture et a formé
de la graisse qui, suite à la castration, s’est accumulée
dans les muscles, procurant une chair d’une grande tendreté.
Le canard, symbole de
fertilité
Longtemps vénéré par les
Chinois, qui le considéraient comme le symbole de la fertilité,
le canard n’a jamais été aussi bien mis en valeur
que par les chefs chinois eux-mêmes. Le canard de Barbarie
est issu d’une espèce de canard sauvage, originaire
d’Amérique du Sud. On l’élève entre
78 et 82 jours pour un mâle, et entre 65 à 70 jours
pour une femelle. Savoureux rôti à la broche, il se
laisse également cuire en cocotte ou au four. Sa chair est
riche et accueille volontiers des fruits acides entiers ou en sauce
: oranges, pêches, raisins, cerises, pommes. Les Portugais
le préparent avec des bananes, les Roumains avec des concombres,
les Américains avec des airelles, des poires et des pistaches.
Enfin, les Chinois le préfèrent laqué. Plus
le canard est jeune, plus sa chair est tendre et d’une grande
finesse. Le jeune canard ou caneton se déguste tout simplement
rôti. Le magret est en fait le muscle de la poitrine d’un
canard gras, c’est-à-dire celui qui aura été
engraissé pour la production du foie gras. Le magret se prépare
très simplement, poêlé à feu vif, sans
matière grasse, en commençant par saisir le côté
où se trouve la peau et la couche de graisse attenante.
Les petites volailles
: poussins, coquelets, pigeonneaux
Les
étals font la part belle aux petites volailles qui constituent
la portion d’une personne. Evidées ou farcies, ce sont
des viandes jeunes et tendres, qui demandent un minimum d’assaisonnement.
Les poussins, jeunes poulets de six semaines, ont une chair délicate
et pèsent de 250 à 300 g. Les coquelets sont un peu
plus âgés et plus gros, mais tout aussi tendres. Les
pigeonneaux offrent une viande des plus délectables, tendre
et délicate. Contrairement aux autres volailles, ils refusent
d’être élevés à grande échelle.
Les pigeonneaux sont nourris pendant vingt-huit jours par leurs
parents, eux-mêmes nourris de céréales et de
protéines végétales. Ils ont de 28 à
35 jours maximum lorsqu’on les consomme, et pèsent
de 450 à 500 g. Poussins, coquelets et pigeonneaux se cuisinent
de la même manière : rôtis… tout simplement.
"Poulets"
: un cahier des charges exigeant
Depuis
le mois de septembre 2002, un cahier des charges précis et
extrêmement pointu, établi par le "Service Qualité"
de Delhaize "Le Lion", en étroite collaboration
avec les principaux intervenants de la production des volailles,
exige la transparence totale de chaque maillon de la chaîne
pour garantir la sécurité alimentaire. Un document
d’une bonne trentaine de pages reprend non seulement toutes
les exigences du Ministère de l’Agriculture en matière
d’élevage de volailles, mais va bien plus loin, pour
offrir au consommateur encore plus de garanties. De la couveuse,
en passant par l’éclosoir (lieu où éclosent
les poussins), les poussins, le poulailler, la nourriture des animaux,
le nombre de poulets par poulailler, ainsi que l’hygiène
de ces derniers, les contrôles vétérinaires
et jusqu’à l’abattage, tout est (re)contrôlé.
Chaque éleveur reçoit la visite régulière
d’un inspecteur indépendant de “Quality Partner”,
une société Spin-off détaché de l’Université
de Liège. Ce cahier des charges, repris sous le label "Contrôle
& Origine" spécifique à Delhaize "Le
Lion", concerne tous les poulets : poulets blancs, coucous
de Malines, poulets nourris aux grains, au maïs, poulets bio.
Gibier sauvage, gibier
d’élevage
A plume ou à poil, le gibier est synonyme
de vie sauvage. Aujourd’hui, une grande partie du gibier vit
toujours en liberté (sanglier, lièvre, lapin sauvage,
chevreuil, canard sauvage, pigeon sauvage et cerf des Ardennes,
de Bohème et de Pologne…) et certains animaux reçoivent
de l’homme une nourriture supplémentaire, déposée
à leur intention sur leur parcours. C’est le cas pour
les marcassins des Ardennes. D’autres animaux proviennent,
par contre, d’élevage.
Jusqu’à l’année dernière, les oisillons
des faisans étaient élevés jusqu’aux
mois de mai-juin, puis lâchés dans la nature pour s’y
adapter et y être chassés en période de chasse.
La législation vient d’abolir cette pratique en 2002.
Tous les faisans commercialisés seront désormais sauvages.
Qu’il soit élevé ou sauvage, tout gibier abattu,
pour être vendu, doit passer par une société
de découpe, homologuée aux normes de la CEE. Pour
savoir si vous achetez un gibier sauvage ou d’élevage,
repérez la forme du cachet de la CEE : s’il est ovale,
il s’agit d’élevage, s’il est pentagonal,
c’est du sauvage. Pour info, seul le gibier sauvage est en
vente chez Delhaize “Le Lion”. Le goût d’une
viande sauvage n’est bien sûr pas le même que
celui d’une viande d’élevage. Les animaux vivant
en liberté donnent une viande plus maigre, plus riche en
protéines, au goût plus puissant.
Origine, âge,
traçabilité…
Le gibier, c’est vraiment une question
de confiance! Mais depuis cette année, chaque fournisseur
est répertorié, de même que le produit de sa
chasse, qui est toujours livré "dans sa peau".
Les vétérinaires agréés viennent officiellement
contrôler les animaux et apposent leur cachet de certification.
Par contre, il est plus difficile d’estimer l’âge
d’un gibier sauvage et cet élément est pourtant
essentiel pour le goût et la tendreté de la viande.
Mais l’expertise de Delhaize vous permettra d’apprécier
cette viande dans toutes ses qualités organoleptiques.
Une réglementation variant selon les régions
En Belgique, la chasse est limitée et
strictement réglementée selon les régions.
La Flandre, la Wallonie et la Région Bruxelloise ne sont
pas autorisées à vendre le gibier aux mêmes
dates. Toutefois, on peut estimer grosso modo que la chasse est
ouverte d’octobre à décembre, et que le gibier
est disponible en magasin, quasi à la même époque,
pour le plus grand plaisir des gastronomes.
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